Episode 7: 24 octobre 2009
Casablanca-Marrakech
(KM 3000!)
Il fait 30°C à Casa et Marge enlève le haut!
Petit déj. sur le pouce dans un petit café qui ressemble étrangement à ceux de Montmartre. Nous voulons nous installer au comptoir, mais il y a à ce moment un remue-ménage dans le café exclusivement occupé par des hommes qui veulent tous nous laisser la place.
Nous héritons de celle que nous lorgnions au départ, c'est à dire, au soleil, "face la route".
Puis route vers Marrakech où les paysages deviennent désertiques avec cette merveilleuse teinte ocre-rouge. Le sud nous gagne.
Petit mot sur les autoroutes marocaines.
-nous avons toujours les hommes en jaune pour ne pas trop nous dépayser.
-des gens sur le bord de la route, arrivés de nulle part, attendant...?
-des gendarmes planqués dans les fourrés
-une route à deux voies limitée à 120km/h, plutôt agréable.
-des stations d'autoroute Total, Shell, Afriquia, semblables aux nôtres.
-des péages
Arrivée à Marrakech
Marie au volant, moi en guide, direction la Medina
Nous trouvons notre hotel charmant, très marocain, plein de céramique et de patios où l'on rêve de pouvoir flâner.
Nous devons encore lutter pour trouver un parking gardé. Négociations dures mais nous pensons gagner. Nous profitons de l'attraction des 3 gardiens qui nous demandent en mariage, "Hé Gazelle! que tu es belle"
Puis nous nous laissons gagner par le côté bouillonnant de Marrakech et de ses souks et de ses touristes!
Marrakech impériale ville rose sortant du désert! Elle a un coté un peu magique à la fois un peu étouffante, surtout sur la place Jama El Fna. Les ruelles sont remplies de vendeurs de sacs, de ceintures, de babouches, de tapis, de foulards, et autres babioles. Les "bonjour Gazelle", "que tu es belle", "1000 chameaux pour toi", "les françaises sont belles", "tu es mariée?" pleuvent...
Le soir, la place Jama El Fna est grouillante de touristes et de marocains. Il y a des jeux, un peu comme une foire avec des boxeurs, des mimes, des conteurs, des sorciers, et des tablées où les serveurs se ruent sur toi, pour te faire venir chez eux.
Nous cherchons désespérement un Magnum (gourmandes) que nous ne trouvons encore pas ce soir. On se rabat sur quelques patisseries marocaines que nous dégustons sur le toit de l'hôtel, sous un ciel étoilé, un pur régal!
Demain, journée chargée.
Marrakech me laisse perplexe.
La Medina est belle, la ville est rose, comme le paysage, le désert tout autour. Il y a des palmiers, des terrasses, des fils tendus avec du linge, des fils électriques, des sons, des charmeurs de serpents, des lutteurs, des flûtistes, des porteurs d'eau, des enfants qui jouent dans les ruelles, des mendiants, des artisans clouant, cousant, coiffant, cuisinant, cirant, teintant, tannant, etc... mais tout cela dans le but de composer un spectacle authentique et exotique pour la nuée de touristes qui affluent dans la Medina, portes-monnaie ambulants dans un grand cirque commercial?
Bien sûr c'est l'jeu ma pauv' Lucette, mais c'est un peu dommage d'y être contrainte, de ne pas avoir le choix.
Donc, il y a les prix Marrakech (équivalent des prix "Champs-Elysées"), un tagine pas bon pour le triple de Casa ou de Tanger. Il y a du Gazelle, princesse, sultane, pute française (bon un seul, mais ça fait un drôle d'effet) à tous les coins de souks et je crains que tous ces beaux sacs soient fabriqués en Chine.
C'est sûr pour l'ego, ça pourrait regonfler. Bénedicte estime que le comportement des hommes marocains s'explique par un dérèglement hormonal à la vision des femmes (nous bien sûr!)
Je pense plutôt qu'il y a un dérèglement économique à la vision des touristes (nous encore!)
Bon, quand même c'est beau.
Et si on regarde bien, il y a une vie marocaine ici.
Les boui-bouis avec une savoureuse crêpe farcie
ne sont fréquentés que par les autochtones à un
prix autochtone, avec un sourire autochtone.
On se perd dans quelques ruelles odorantes, en dépit des recommandations du vendeurs d'épices.
On assiste au spectacle sur la place parmi un public seulement marocain, des familles, des jeunes, des vieux, sans rien y comprendre avec l'impression de jeter un oeil en coulisses, d'être sorties de nos rails et d'avoir quelques images volées aux gens qui vivent ici tout le temps et qui animent aussi cette place pour leur plaisir.
Et quand même! Tout est vraiment très beau. Une multitude de couleurs, de verres colorés, de loupiotes, de bijoux scintillants et de beaux tissus dans la chaleur d'une ville au bord du désert.