Episode 5: 22 octobre 2009
"Bateau sur l'eau"... (Arrghh!)
Une pluie battante, des ferries, des grues, des engins de chantiers, de la houle, et un vieux navire défraîchi pour les deux heures de traversée.
Marge veille, au parking avec les hommes en jaune, sur la Nevada.
Jusqu'ici tout va bien (sauf la pluie...)
Marie a mis un petit mot en début de traversée, ce qui explique qu'elle n'a pas mentionné les presque trois heures de bateau en mer agitée.
Mer agitée signifie "glotte qui surfe" et "dents du fond qui baignent".
Surtout au moment où il faut aller à la douane, c'est-à-dire... à l'avant du bateau.
Et là, c'est le drame.
Tout le monde est vert, des hommes vomissent dans les poubelles et avec Marie on reste stoïques. Petit sourire crispé au douanier, coup de tampon-visa et le tour est joué. On court comme on peut se réinstaller et attendre l'arrivée à Tanger.
Nous reprenons des couleurs en descendant du bateau.
Mais ce n'est pas fini: la voiture sera-t-elle ou non fouillée?
TANGER
Une traversée! Je vous dis pas, ma pauvre!
Une seule règle: serrer les dents, et regarder un point fixe, ignorer les gens qui s'éventent, se tiennent la tête à deux mains, vautrés sur les banquettes, qui vomissent dans les poubelles, qui tanguent, qui pleurent!
En rassemblant le peu de forces qui me reste, je laisse Bénédicte à sa contemplation gerbitive, et je rampe jusqu'au pont, c'est-à-dire jusqu'à l'air!
Il pleut toujours mais ça tangue un peu moins.
Tanger approche, le soleil perce, ça ne peut qu'aller mieux.
Un marin égyptien tente de profiter de ma vulnérabilité, hébétée, et je m'invente une personnalité ( fiancée, bientôt mariée, avec des enfants, oui, mes parents sont contents, oui, j'ai des soeurs, mais elles sont mariées aussi)
La douane, pas la peine de s'étendre (dans tous les sens du terme). La voiture n'est pas fouillée, visiblement on transporte des fauteuils roulants, et ça leur va.
Bénédicte, dont la glotte est redevenue sage, copilote admirablement jusqu'à l'hôtel (Pension Excelsior), calme et correct vu le niveau auquel on s'attend.
La voiture va à son hôtel, avec Marge et son chargement. Elle récolte quelques compliments au passage, tandis que nous refusons poliment, mais fermement du kif, du shit, du cannabis... (ferait mieux d'aller s'acheter des dents au lieu de se droguer, lui)
Déjeuner équitable et solidaire (et bon) à la maison communautaire des femmes "Darna". Elles sont douces, patientes, la salle est agréable et bien sûr, il y a un figuier... Humm, le bon tajine!
Tanger ville arabe, désordre dans les rues, jour de marché,
muezzin, thés à la menthe et nous passons la fin de l'après-midi sur les hauteurs parmi les étudiants perchés dans les terrasses du café Hafa, face à la mer, face à Gibraltar, le long de Tanger. Le café Hafa est un endroit magique.
Ah, le Maroc! La medina, la kasbah, petites ruelles aux couleurs du sud, avec de très belles portes. Le seul problème est le harcèlement permanent des guides de fortune. On essaie pourtant de cacher le Routard, mais nos têtes d'occidentales ne trompent pas! On va s'y habituer tranquillement.
Et après s'être laissées aller aux charmes du café Hafa, la tranquillité de la mer et de l'endroit opèrent. Nous sommes requinquées (Marie s'est fait un shoot au thé à la menthe dégusté sans modération).
Nous retournons goûter à la vie nocturne de la medina, nous perdant dans les ruelles animées, et finissant par nous retrouver sur la place préferée de Marie (la place du 9 juin 1947) pour un petit verre en mangeant des olives du marché en terrasse du resto "les Passagers de Tanger" (vue imprenable sur la place!)
Session internet, délicieux chawarma et retour à notre merveilleux hôtel aux sanitaires incroyables...
C'est bon Marge veille sur la voiture, on est rassurées.
z'avaient quoi les sanitaires? (oui, je sais, j'ai le sens du détail)
RépondreSupprimerZ'étaient pas étanches... du tout, du tout.
RépondreSupprimeril fallait être très agile..maitriser le grand écart sur la pointe des pieds tout en essayant de sauver ton PQ...
RépondreSupprimerSur la sellette, quoi ? pardon sur la margelle !
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